Quand la nostalgie l'emporte sur la nouveauté

Quand la nostalgie l'emporte sur la nouveauté


De l'artisanat, de la mémoire et de la raison pour laquelle la maison a toujours été conçue comme un refuge


Lorsque j’ai lancé Luz Editions, je ne suivais pas une tendance. J’étais animée par la conviction profonde qu’une maison doit être un refuge, et que les objets qui s’y trouvent doivent mériter leur place par leur chaleur, les souvenirs qu’ils évoquent et leur authenticité, plutôt que par leur nouveauté.

À l'époque, on me disait que mon suspensions en céramiques étaient trop singulières. Trop artisanales. Trop ancrées dans le passé. Le marché privilégiait les lignes épurées et la perfection froide. Je créais des suspensions en céramique émaillée faites à la main, inspirées des cuisines françaises du début du XXe siècle, de l’architecture Art déco, de ce genre d’objets que l’on trouve chez sa grand-mère et que l’on ne voudrait jamais laisser derrière soi.

J'ai continué malgré tout. Non pas parce que j'étais courageuse, mais parce que la vie m'a appris à me fier à mon instinct et à croire en moi. Personne ne devrait se lancer dans la création d'une marque ou d'un projet sans faire de même.





Ce que j'ai toujours pensé de la décoration d'intérieur

Bien avant que l'on parle du « Grandma Chic », du mouvement « Sentimentaliste » ou du retour de l'esthétique des cottages anglais, j'avais déjà des convictions bien arrêtées sur l'atmosphère que devait dégager une maison.

Le confort avant le style, les souvenirs avant les tendances. Des objets qui racontent une histoire plutôt que des objets qui font sensation.

Je crois aux objets qui vieillissent bien : la céramique émaillée qui reflète la lumière différemment au fil des ans, les ferrures en laiton qui se patinent, un cordon torsadé qui s'assouplit à l'usage. Je crois que l'imperfection est un gage d'authenticité et que les traces laissées par la main de l'artisan et le four méritent d'être préservées. Je crois que les plus beaux intérieurs ne sont pas ceux qui semblent avoir été conçus, mais ceux qui semblent avoir été habités.

C'est le genre d'esthétique qui m'a toujours attiré.


Trois mouvements, un instinct commun

En 2026, trois courants distincts se sont dessinés dans le domaine de la décoration d'intérieur ; ensemble, ils vont au-delà d'une simple tendance. Ils traduisent un changement dans la façon dont les gens souhaitent vivre.

Le premier est ce que certains appellent Le sentimentalisme : un retour à des objets conçus autour de la mémoire et des matériaux naturels. Des objets destinés à être utilisés au quotidien, transportés d’une maison à l’autre, transmis de génération en génération et réutilisés. Leur beauté réside dans la façon dont ils vivent avec vous au fil du temps. En matière d’éclairage, cela se traduit par des suspensions qui donnent l’impression d’avoir été trouvées plutôt qu’achetées. Un abat-jour en céramique qui porte en lui la chaleur du four. Une armature qui semble avoir toujours été là.

Un signe révélateur de cette période culturelle : Pamela Anderson a récemment lancé « The Sentimentalist » avec Olive Ateliers, une collection puisée directement dans la maison familiale, parmi les objets de sa grand-mère, et issue d'une vie articulée autour d'objets destinés à être utilisés plutôt qu'à être exposés.


Le deuxième est Grandma Chic : le retour des matériaux patinés, des trouvailles vintage, des collections de vaisselle et des intérieurs chaleureux aux multiples couches, qui donnent l'impression d'avoir été rassemblés plutôt que soigneusement sélectionnés. Au fond, ce mouvement consiste à s'entourer d'objets qui nous sont familiers. Des objets chargés de souvenirs plutôt que de prestige. La suspension en céramique au-dessus de la table de cuisine, avec sa finition craquelée. Le luminaire fait main, issu de l'atelier d'un artisan, qui s'intègre parfaitement, comme s'il avait toujours été destiné à être là.

C'est précisément là que les suspensions en céramique artisanale trouvent leur place la plus naturelle. Elles ne sont pas là pour faire figure de pièce maîtresse, mais leur présence contribue à donner à une pièce un aspect plus abouti, comme s'ils avaient toujours été là.

Le troisième est le Cottage anglais: le maximalisme plutôt que le minimalisme, le confort plutôt que le spectaculaire. Les antiquités côtoient les créations artisanales, tandis que la nature s'invite à l'intérieur. 

L'éclairage — et plus particulièrement son design, souvent inspiré des fermes françaises — contribue à créer une ambiance plutôt que de se contenter d'apporter de la lumière. Dans cette esthétique, une suspension n'est jamais neutre. Elle fait partie intégrante de l'histoire que raconte la pièce : sa forme, sa finition, sa chaleur, tout compte. En choisissant une suspension en céramique artisanale, vous optez pour le charme d'antan allié à la beauté d'aujourd'hui.

Ce qui unit ces trois mouvements, ce n'est pas l'esthétique, mais l'intention. Tous trois constituent, chacun à leur manière, un rejet du surdesign et du jetable, et un retour à des objets qui justifient leur existence par l'émotion plutôt que par les tendances.


Là où Luz Editions a toujours eu ses racines

Chaque suspension Luz Editions est fabriquée à la main au Portugal par des artisans qualifiés, émaillée à la main et cuite dans un four traditionnel. Réalisées sur commande, en séries limitées, ce sont exactement le genre d’objets qui ont inspiré ces trois mouvements : imparfaits, chaleureux et faits pour durer.

Viana — disponible en faïence et en porcelaine — présente des lignes Art déco rayonnantes qui font écho au motif solaire présent dans les arts décoratifs du début du XXe siècle. Une suspension en céramique qui s'intègre aussi bien dans une maison familiale restaurée que dans un hôtel-boutique ou une cuisine contemporaine. Sa présence sculpturale en fait l'une des suspensions artisanales les plus polyvalentes de la collection ; elle est disponible en deux tailles pour s'adapter à différents espaces et usages.


Beja Il s'agit d'une suspension en céramique faite main, dotée d'une finition en émail blanc craquelé qui évoque le temps et l'histoire, comme si elle avait été trouvée plutôt que fabriquée. C'est le genre de pièce qui a inspiré le mouvement « Grandma Chic ». Sa silhouette d'inspiration Art nouveau apporte une âme et du caractère aux cuisines, salles à manger et espaces d'accueil qui recherchent l'authenticité sans que la nostalgie ne devienne un simple déguisement.


Maia réinterprète les suspensions en verre opalin des anciennes cuisines françaises en céramique émaillée : chaleureuses, poétiques, d'un air familier. Avec son bord festonné et ses émaux aux couleurs riches, dont la nouvelle finition cognac, c'est l'une des suspensions de cuisine en céramique les plus originales du marché actuel. Elle s'intègre à merveille au-dessus d'un îlot de cuisine, d'une table à manger ou en série de deux ou trois dans un long espace.


Tomar, sobre et authentique, est une suspension en céramique émaillée qui allie style rétro et minimalisme. C'est le genre de luminaire qui s'intègre harmonieusement à un décor sans le surcharger. Inspiré de l'éclairage des ateliers français du début du XXe siècle, il apporte une chaleur discrète aux intérieurs contemporains, qu'il soit utilisé seul ou en série au-dessus d'un plan de travail de cuisine, dans un restaurant ou près d'une table de chevet.


Être en avance sans s'en rendre compte

Je ne cherchais pas à anticiper quoi que ce soit. Je cherchais simplement à créer des objets auxquels je croyais, pour des intérieurs que je comprenais. Pour être honnête, j'en avais un peu marre des suspensions en verre (impossibles à nettoyer ou trop fragiles) ainsi que de celles en paille, en osier, en rotin, etc. (de véritables aimants à poussière).

Mais quand je vois où en est la décoration d'intérieur en 2026 (avec cet engouement pour l'artisanat, la mémoire, la chaleur et l'analogique), je reconnais quelque chose que j'ai toujours ressenti et créé. 

Mes suspensions en céramique ont l'avantage de mettre en valeur leur design intemporel. La céramique émaillée se nettoie facilement et vieillit magnifiquement. Ces luminaires fabriqués à la main sont réalisés sur commande, afin que vous puissiez faire un achat mûrement réfléchi, et non un achat impulsif. Ils sont destinés à des intérieurs qui refusent d'être jetables.

Une maison n'est pas un simple décor. C'est le témoignage vivant de qui vous êtes, de ce que vous avez aimé et de ce que vous souhaitez transmettre. Les objets qui s'y trouvent devraient refléter cela. Pas la palette de couleurs de la saison, ni les suggestions d'un algorithme, mais quelque chose de plus profond et de plus personnel.

C'est ce qui m'a toujours motivé et m'a poussé à créer Luz Editions.

Et il s'avère que le monde allait forcément finir par arriver ici un jour ou l'autre.





Première photo :
La maison de la créatrice Emily Adams Bode Aujla et de son mari, Aaron Aujla,
Photographie de Tyler Mitchell pour The World of Interiors

Deuxième photo :
La retraite d'écriture sur le jardinage d'Anne Spencer
Photographie de John Mark Hall pour The World of Interiors

Photos de cuisines :
À gauche : Paul Massey pour Rita Koning / À droite : Yuki Sugiura pour Mathilda Goad
Portrait de couple par C Christopher Sturman  / Portrait de Kendall Jenner par Franck Frances - Les deux pour ARCHI DIGEST

Photos du cottage gracieusement fournies par INIGO HOUSE

Lampes de table et suspensions - Photographies de Lena Silva
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